Lorsque je suis arrivé au collège Camus, en septembre 2000, j'ai tout de suite apprécié de faire du théâtre avec M. Wattel. De l'énergie à revendre et un humour énorme. L'atelier se passait dans la joie et la bonne humeur, mis à part quelques coups de gueules et des prises de bec. J'avais déjà un peu d'expérience en théâtre, mais ce n'est qu'à partir de cette année que j'ai vraiment pris goût à la scène grâce à un spectacle intitulé « L'empereur du Japon », une pièce zen et poétique, montrant notamment ce qu'est l'art de la peinture et ses significations. L'année suivante fût chargée avec « Les 5 dits des Clowns au Prince », une comédie de cirque mêlée à un drame, l'interdiction de l'art. Puis vint la troisième année, « A quoi on joue ? », où des enfants qui s'ennuient décident de jouer au théâtre et de retracer l'histoire de cet art, des légendes au conte, en passant par le mime, la caricature et les ½uvres de Molière. Ces trois années merveilleuses resteront gravées dans ma mémoire. Mais la quatrième année...
Pour l'atelier théâtre, M. Wattel avait lui-même écrit la pièce. « Planète Interdite », tel était le titre, racontait les péripéties d'un jeune garçon du futur projeté sur une planète où sont déversés les déchets de la Terre. Basée sur un registre polémique, M. Wattel voulait défendre l'écologie tout en gardant un côté sentimental.
Et en plus d'être à l'atelier théâtre, cette année il était mon professeur principal et également mon professeur de français. Il riait beaucoup avec nous et nous étions heureux d'aller en cours avec lui. Il taquinait les élèves et savait nous comprendre.
Jusqu'au jour où le drame eut lieu...
Voici la terrible histoire qu'a connue le collège Camus.
Jeudi 16 Octobre 2003
11h : Bonheur total, cet après-midi nous n'avons pas cours !!! M. Bécu et M. Wattel étant absents, nous avons décalé l'heure d'histoire géo de 11h à midi. De plus, il fait un rayon de soleil, nous pourrons en profiter.
17h 30 : Je m'apprêtais à partir voir mon petit frère à l'hôpital (pour un problème de respiration, fort heureusement banal) quand mon portable se mit à sonner. C'était Mag, une copine de classe, qui m'annonçait que M. Wattel avait eu un accident de voiture très grave en venant au collège ce matin. Il était dans le coma. Tout en me rassurant, elle me demanda de faire passer le message aux autres élèves.
21h : J'étais dans mon lit à regarder la télé, quand mon portable sonna. C'était à nouveau Mag. En entendant sa voix, j'eus une appréhension. Sans ménagement, elle m'appris brutalement que M. Wattel était mort...... Je ne réalisais pas vraiment ce qui venait d'arriver. J'avais froid. Je frissonnais. La nuit fût longue. Très longue.
Vendredi 17 Octobre 2003
07h 30 : Comme tous les matins, j'arrivais à vélo devant le tabac pour rejoindre mes potes. M. Wattel est mort. Tels furent mes mots. Personne ne me croyait.
08h : Cours de musique. Quelle idiot ce prof. Il nous a fait une interro et il a voulu nous faire chanter. Nous ne sommes mêmes pas sûrs qu'il savait ce qui s'était passé.
8h 50 : C'est l'interclasse, le moment où l'on sort pour changer de salle et de cours. Nous avons croisé une autre classe de 3ème où tout le monde pleurait. Je suis fondu en larmes dans les bras de Fanny (mon ex avec qui je gardais pourtant un contact superficiel).
9h : Cours d'anglais. C'est à partir de ce moment que tout le monde comprit réellement la chose. Le prof essayait tant bien que mal de détendre l'atmosphère, mais il a vite abandonné devant l'effondrement des élèves.
10h : Cours de latin. Le silence combla la salle pendant toute l'heure. Dans la salle polyvalente, une permanence était assurée pour ceux qui voulaient un peu de calme. Dans les poubelles, les mouchoirs s'accumulaient de plus en plus.
10h 50 : En sortant de cours, je vis Karine, une intervenante de l'atelier théâtre. Cela faisait cinq mois que je ne l'avais pas vu, et les retrouvailles furent douloureuses. Elle nous encouragea pour que nous jouions sa pièce de théâtre, « Planète Interdite », en son hommage.
11 h 15 : Cours d'EPS. Je suis arrivé en retard. Arnaud, le prof, avait mis une musique calme pour relaxer les élèves qui s'étaient allongés sur des tapis de gym.
11h 30 : Cette musique me fout le cafard ! Je suis donc parti dans les vestiaires avec Ch'Nain, un pote petit par la taille (d'où son surnom).
14h : Le moral va un peu mieux, même si le départ brutal de M. Wattel nous rendait tous mélancoliques. Et déjà, dans la cour de récré, quelques rumeurs circulaient, disant qu'il s'était suicidé...
18h 30 : La véritable histoire fût douloureuse à entendre. On était bien loin du camion poids lourd accidenté dans la voiture de M. Wattel. Sa mort était d'un tout autre discours.
Jeudi matin, il n'avait pas prévenu le secrétariat du collège de son absence. M. Wissart, le principal, n'arrivant pas à le joindre par téléphone, il décida d'aller voir chez lui. Sa voiture était là, mais il ne répondait pas quand on frappait à la porte. M. Wissart, inquiet, alla chercher la femme de M. Wattel au lycée Blaringhem, son lieu de travail, car elle avait les clés de l'appartement. En ouvrant la porte, le choc fut considérable. M. Wattel s'était pendu derrière la porte. Les rumeurs étaient donc vraies. Pourquoi s'être suicidé ? Selon les rumeurs, sa femme l'avait quitté et il était désespéré.
Lundi 20 Octobre 2003
9h :Cours de sciences physiques. La prof nous a proposé de faire des « banderoles tibétaines » en son honneur, c'est-à-dire d'agrafer des rectangles de tissu le long d'une corde et d'y accrocher des phrases, des textes, des poèmes, des dessins,... Chacun oeuvrait pour trouver quelque chose d'original. Vince, un pote, a recopié « Chant Funèbre », un poème de W. H. Auden, que M. Wattel nous avait donné à apprendre quelques jours avant sa mort.
Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu'il cesse d'aboyer,
Fait taire les pianos, et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.
Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il Est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l'agent de la circulation.
C'était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos,
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l'amour durait pour toujours : j'avais tort.
On ne veut plus d'étoiles désormais : éteins-les toutes ;
Emballe la lune et démonte le soleil,
Vide l'océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.
Quand elle lut ce poème, Mme Denis, la prof, a réagi bizarrement et est allé le faire lire à M. Wissart, le principal du collège. C'est alors que nous nous sommes rendu compte du lien qu'avait ce poème avec les évènements passés. Hasard ou message de détresse ? La question reste encore aujourd'hui en suspens. Et c'est à partir de ce moment-là que nous avons rassemblé plusieurs éléments qui formaient une sorte de signal. Par exemple, l'avant-veille de sa mort, dans la salle des profs, il déclara en riant « Allez, je vous donne tous mes livres ! ». Ses collègues le prirent bien entendu à la rigolade car M. Wattel possédait plusieurs centaines de bouquins. Autre chose également : la veille de son décès, il nous parla de la vie après la mort. Comme il était très croyant, cela ne nous a pas alerté. Pour résumer, un don de ce qu'il a de plus précieux, une réflexion sur la mort et un poème tout aussi significatif. Essayait-il de nous appeler à l'aide ? Ou alors tout cela est-il fruit du hasard ?
11h : En sortant du cours de maths, nous sommes passé devant la salle A3, où il faisait toujours cours. Devant cette classe vide, l'émotion revint au galop. J'ai fermé la porte de la salle, comme son esprit a été fermé.
Mardi 21 Octobre 2003
10h : Je suis parti aux funérailles de M. Wattel à l'église St-Vaast avec Jenny, ma meilleure amie, et Mag. L'église était remplie, il y avait beaucoup d'élèves qui étaient venus lui dire au revoir une dernière fois. Après que tout le monde eut bénit le corps, le curé commença la messe. Puis ce fut au tour des proches de M. Wattel de parler. Son frère, puis sa s½ur, puis Arnaud, le prof d'EPS, et enfin, moi, qui avait été choisi par Melle Benoît, une prof, pour représenter les élèves. J'avais déjà lu un texte dans une église, mais c'était pour un baptême. Quand je fus arrivé au micro, la vue du cercueil me mit mal à l'aise. Puis je me dis qu'il aurait été fier de moi. Mon discours était constitué de plusieurs phrases relevées sur les banderoles tibétaines.
C'était un honneur d'être votre élève. Merci pour vos formidables cours.
Pour moi, vous êtes parti trop vite. J'avais encore plein de choses à vous dire et à apprendre de vous.
Il incarnait la joie de vivre,
Mais il a donné son dernier souffle.
Une lueur de bonheur s'est éteinte.
Il était enseignant
Et il avait du talent.
Il s'investissait
Parce qu'il nous aimait.
C'était un grand
Mais pour nous toujours un enfant.
11h : C'est maintenant l'heure des derniers adieux. Chacun notre tour, nous avons posé notre main sur le cercueil, puis nous avons fait notre signe de croix. Et les larmes qui continuent à couler....
Jeudi 27 Mai 2004
20h : Cela fait maintenant sept mois que M. Wattel nous a quitté, mais nous pensons toujours très fort à lui. Dans quelques minutes, nous allons entrer sur scène et jouer « Planète Interdite » en son hommage. Nous savons qu'il est quelque part en train de nous regarder et qu'il va être heureux de voir que nous ne l'avons pas oublié et que sa pièce de théâtre voit le jour.
20h 45 : Sa pièce fut un véritable succès, et je décide de lui rendre un dernier hommage avec Cindy, une amie, en lui adressant un texte écrit par nous-mêmes.
A vous, cher ange,
Nous savons que vous nous regardez.
Comme vous le voyez, nous sommes encore là,
Nous n'avons pas baissé les bras.
Nous sommes restés unis pour le meilleur et pour le pire.
Cette pièce, vous l'avez écrite, nous l'avons jouée
Avec un texte et une mise en scène, mais surtout avec le c½ur.
Vous êtes parti en nous laissant votre passion
Et pour tout cela nous vous remercions.
Cette pièce était pour nous un défi
Nous espérons avoir été à la hauteur de ce pari.
A vous qui devez bien faire rire les anges, là-haut :
Merci l'Artiste !
Dimanche 3 Juillet 2005
A l'heure où j'écris ces lignes, je pense toujours à lui. Ce que vous venez de lire n'est ni un roman, ni une nouvelle, ni une histoire à lire avant de se coucher. C'est le récit d'un drame survenu en octobre 2003 qu'a connu le collège Camus de Bruay-La-Buissière (62), c'est la trace écrite du souvenir de Christophe Wattel.
Ciao l'Artiste !
Mickaël Lefrère
Veuillez faire passer ceci au plus grand nombre de personnes pour que cet homme extraordinaire ne soit jamais oublié...
Pour l'atelier théâtre, M. Wattel avait lui-même écrit la pièce. « Planète Interdite », tel était le titre, racontait les péripéties d'un jeune garçon du futur projeté sur une planète où sont déversés les déchets de la Terre. Basée sur un registre polémique, M. Wattel voulait défendre l'écologie tout en gardant un côté sentimental.
Et en plus d'être à l'atelier théâtre, cette année il était mon professeur principal et également mon professeur de français. Il riait beaucoup avec nous et nous étions heureux d'aller en cours avec lui. Il taquinait les élèves et savait nous comprendre.
Jusqu'au jour où le drame eut lieu...
Voici la terrible histoire qu'a connue le collège Camus.
Jeudi 16 Octobre 2003
11h : Bonheur total, cet après-midi nous n'avons pas cours !!! M. Bécu et M. Wattel étant absents, nous avons décalé l'heure d'histoire géo de 11h à midi. De plus, il fait un rayon de soleil, nous pourrons en profiter.
17h 30 : Je m'apprêtais à partir voir mon petit frère à l'hôpital (pour un problème de respiration, fort heureusement banal) quand mon portable se mit à sonner. C'était Mag, une copine de classe, qui m'annonçait que M. Wattel avait eu un accident de voiture très grave en venant au collège ce matin. Il était dans le coma. Tout en me rassurant, elle me demanda de faire passer le message aux autres élèves.
21h : J'étais dans mon lit à regarder la télé, quand mon portable sonna. C'était à nouveau Mag. En entendant sa voix, j'eus une appréhension. Sans ménagement, elle m'appris brutalement que M. Wattel était mort...... Je ne réalisais pas vraiment ce qui venait d'arriver. J'avais froid. Je frissonnais. La nuit fût longue. Très longue.
Vendredi 17 Octobre 2003
07h 30 : Comme tous les matins, j'arrivais à vélo devant le tabac pour rejoindre mes potes. M. Wattel est mort. Tels furent mes mots. Personne ne me croyait.
08h : Cours de musique. Quelle idiot ce prof. Il nous a fait une interro et il a voulu nous faire chanter. Nous ne sommes mêmes pas sûrs qu'il savait ce qui s'était passé.
8h 50 : C'est l'interclasse, le moment où l'on sort pour changer de salle et de cours. Nous avons croisé une autre classe de 3ème où tout le monde pleurait. Je suis fondu en larmes dans les bras de Fanny (mon ex avec qui je gardais pourtant un contact superficiel).
9h : Cours d'anglais. C'est à partir de ce moment que tout le monde comprit réellement la chose. Le prof essayait tant bien que mal de détendre l'atmosphère, mais il a vite abandonné devant l'effondrement des élèves.
10h : Cours de latin. Le silence combla la salle pendant toute l'heure. Dans la salle polyvalente, une permanence était assurée pour ceux qui voulaient un peu de calme. Dans les poubelles, les mouchoirs s'accumulaient de plus en plus.
10h 50 : En sortant de cours, je vis Karine, une intervenante de l'atelier théâtre. Cela faisait cinq mois que je ne l'avais pas vu, et les retrouvailles furent douloureuses. Elle nous encouragea pour que nous jouions sa pièce de théâtre, « Planète Interdite », en son hommage.
11 h 15 : Cours d'EPS. Je suis arrivé en retard. Arnaud, le prof, avait mis une musique calme pour relaxer les élèves qui s'étaient allongés sur des tapis de gym.
11h 30 : Cette musique me fout le cafard ! Je suis donc parti dans les vestiaires avec Ch'Nain, un pote petit par la taille (d'où son surnom).
14h : Le moral va un peu mieux, même si le départ brutal de M. Wattel nous rendait tous mélancoliques. Et déjà, dans la cour de récré, quelques rumeurs circulaient, disant qu'il s'était suicidé...
18h 30 : La véritable histoire fût douloureuse à entendre. On était bien loin du camion poids lourd accidenté dans la voiture de M. Wattel. Sa mort était d'un tout autre discours.
Jeudi matin, il n'avait pas prévenu le secrétariat du collège de son absence. M. Wissart, le principal, n'arrivant pas à le joindre par téléphone, il décida d'aller voir chez lui. Sa voiture était là, mais il ne répondait pas quand on frappait à la porte. M. Wissart, inquiet, alla chercher la femme de M. Wattel au lycée Blaringhem, son lieu de travail, car elle avait les clés de l'appartement. En ouvrant la porte, le choc fut considérable. M. Wattel s'était pendu derrière la porte. Les rumeurs étaient donc vraies. Pourquoi s'être suicidé ? Selon les rumeurs, sa femme l'avait quitté et il était désespéré.
Lundi 20 Octobre 2003
9h :Cours de sciences physiques. La prof nous a proposé de faire des « banderoles tibétaines » en son honneur, c'est-à-dire d'agrafer des rectangles de tissu le long d'une corde et d'y accrocher des phrases, des textes, des poèmes, des dessins,... Chacun oeuvrait pour trouver quelque chose d'original. Vince, un pote, a recopié « Chant Funèbre », un poème de W. H. Auden, que M. Wattel nous avait donné à apprendre quelques jours avant sa mort.
Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu'il cesse d'aboyer,
Fait taire les pianos, et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.
Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il Est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l'agent de la circulation.
C'était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos,
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l'amour durait pour toujours : j'avais tort.
On ne veut plus d'étoiles désormais : éteins-les toutes ;
Emballe la lune et démonte le soleil,
Vide l'océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.
Quand elle lut ce poème, Mme Denis, la prof, a réagi bizarrement et est allé le faire lire à M. Wissart, le principal du collège. C'est alors que nous nous sommes rendu compte du lien qu'avait ce poème avec les évènements passés. Hasard ou message de détresse ? La question reste encore aujourd'hui en suspens. Et c'est à partir de ce moment-là que nous avons rassemblé plusieurs éléments qui formaient une sorte de signal. Par exemple, l'avant-veille de sa mort, dans la salle des profs, il déclara en riant « Allez, je vous donne tous mes livres ! ». Ses collègues le prirent bien entendu à la rigolade car M. Wattel possédait plusieurs centaines de bouquins. Autre chose également : la veille de son décès, il nous parla de la vie après la mort. Comme il était très croyant, cela ne nous a pas alerté. Pour résumer, un don de ce qu'il a de plus précieux, une réflexion sur la mort et un poème tout aussi significatif. Essayait-il de nous appeler à l'aide ? Ou alors tout cela est-il fruit du hasard ?
11h : En sortant du cours de maths, nous sommes passé devant la salle A3, où il faisait toujours cours. Devant cette classe vide, l'émotion revint au galop. J'ai fermé la porte de la salle, comme son esprit a été fermé.
Mardi 21 Octobre 2003
10h : Je suis parti aux funérailles de M. Wattel à l'église St-Vaast avec Jenny, ma meilleure amie, et Mag. L'église était remplie, il y avait beaucoup d'élèves qui étaient venus lui dire au revoir une dernière fois. Après que tout le monde eut bénit le corps, le curé commença la messe. Puis ce fut au tour des proches de M. Wattel de parler. Son frère, puis sa s½ur, puis Arnaud, le prof d'EPS, et enfin, moi, qui avait été choisi par Melle Benoît, une prof, pour représenter les élèves. J'avais déjà lu un texte dans une église, mais c'était pour un baptême. Quand je fus arrivé au micro, la vue du cercueil me mit mal à l'aise. Puis je me dis qu'il aurait été fier de moi. Mon discours était constitué de plusieurs phrases relevées sur les banderoles tibétaines.
C'était un honneur d'être votre élève. Merci pour vos formidables cours.
Pour moi, vous êtes parti trop vite. J'avais encore plein de choses à vous dire et à apprendre de vous.
Il incarnait la joie de vivre,
Mais il a donné son dernier souffle.
Une lueur de bonheur s'est éteinte.
Il était enseignant
Et il avait du talent.
Il s'investissait
Parce qu'il nous aimait.
C'était un grand
Mais pour nous toujours un enfant.
11h : C'est maintenant l'heure des derniers adieux. Chacun notre tour, nous avons posé notre main sur le cercueil, puis nous avons fait notre signe de croix. Et les larmes qui continuent à couler....
Jeudi 27 Mai 2004
20h : Cela fait maintenant sept mois que M. Wattel nous a quitté, mais nous pensons toujours très fort à lui. Dans quelques minutes, nous allons entrer sur scène et jouer « Planète Interdite » en son hommage. Nous savons qu'il est quelque part en train de nous regarder et qu'il va être heureux de voir que nous ne l'avons pas oublié et que sa pièce de théâtre voit le jour.
20h 45 : Sa pièce fut un véritable succès, et je décide de lui rendre un dernier hommage avec Cindy, une amie, en lui adressant un texte écrit par nous-mêmes.
A vous, cher ange,
Nous savons que vous nous regardez.
Comme vous le voyez, nous sommes encore là,
Nous n'avons pas baissé les bras.
Nous sommes restés unis pour le meilleur et pour le pire.
Cette pièce, vous l'avez écrite, nous l'avons jouée
Avec un texte et une mise en scène, mais surtout avec le c½ur.
Vous êtes parti en nous laissant votre passion
Et pour tout cela nous vous remercions.
Cette pièce était pour nous un défi
Nous espérons avoir été à la hauteur de ce pari.
A vous qui devez bien faire rire les anges, là-haut :
Merci l'Artiste !
Dimanche 3 Juillet 2005
A l'heure où j'écris ces lignes, je pense toujours à lui. Ce que vous venez de lire n'est ni un roman, ni une nouvelle, ni une histoire à lire avant de se coucher. C'est le récit d'un drame survenu en octobre 2003 qu'a connu le collège Camus de Bruay-La-Buissière (62), c'est la trace écrite du souvenir de Christophe Wattel.
Ciao l'Artiste !
Mickaël Lefrère
Veuillez faire passer ceci au plus grand nombre de personnes pour que cet homme extraordinaire ne soit jamais oublié...